Le 17 mars 2022, l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) a ordonné le retrait de la publicité « Tout Pour la Daronne » de Winamax, au motif qu’elle véhicule le message selon lequel les paris sportifs peuvent contribuer à la réussite sociale.
Dans son film publicitaire, Winamax met en scèneun jeune homme issu d’un milieu social modeste qui, après avoir remporté un pari sportif en ligne sur l’application mobile de l’opérateur WINAMAX, accompagne sa mère jusqu’à un ascenseur, allégorie d’un ascenseur social, traversant des étages au train de vie plus élevé jusqu’à un avion privé.
Or, la publicité pour les jeux d’argent et de hasard est strictement réglementée en France, par le Code de la sécurité intérieure et par les lignes directrices publiées par l’ANJ, qui prévoient plusieurs règles pour prévenir le jeu excessif ou pathologique et protéger les mineurs. En particulier, sont interdites les publicités en faveur d’un opérateur de jeux d’argent et de hasard qui suggèrent « que jouer contribue à la réussite sociale » (Article D. 320-9, 2° du CSI).
Dans ses lignes directrices, l’ANJ précise son interprétation de ces dispositions et considère que :
- Les communications commerciales ne doivent pas associer la pratique du jeu d’argent et de hasard avec la possibilité de changer de statut social, de vivre des expériences hors du commun ou d’accéder à des services habituellement considérés comme réservés à des personnes très fortunées, par exemple un voyage en jet privé ou une croisière en yacht de luxe ;
- Les publicités hyperboliques sont autorisées sous réserve qu’elles n’aient pas pour effet, par le recours à l’emphase, à la parodie ou à une mise en scène manifestement exagérée, de contourner ou de porter atteinte aux dispositions de l’article D. 320-9 du code de la sécurité intérieure.
Winamax a un mois pour retirer sa publicité de tout support de diffusion, à compter de la notification de la décision. Pourtant dotée de ce pouvoir d’ordonner un retrait litigieux depuis 2010, c’est la première fois que l’ANJ l’applique conformément aux nouvelles règles établies par ses lignes directrices sur les communications commerciales du 17 février 2022.
Sacha Bettach, Avocate à la cour


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